Le musée d'Aléria :

Il se situe à une heure environ du camping corse Petra Pinzuta, sur la plaine orientale, aménagé dans le fort qui se dresse à la proximité des fouilles, sur le rebord du plateau, à la sortie sud d'Aléria. Ce donjon carré a été construit en 1572 pour la puissante famille des "Matra", Seigneurs de l'île. Les fouilles d'Aléria ont livrés des témoignages d'un lointain passé aussi captivants pour leur intérêt historique que pour leur valeur artistique. Les salles basses et voûtées conviennent parfaitement à la présentation des pièces historiques, dont les vases apuliens, la magnifique coupe du peintre de Panaitios, l'un des premiers et plus grands maîtres du style à figures rouges. Ces témoignages historiques attestent l'importance de la cité dans l'antiquité, elle fut grecque, carthaginoise, étrusque et romaine avec son port situé, à l'époque, à l'étang de Diana.

La classification est chronologique, du début de la colonisation phocéenne du VIème siècle av. J.-C. à l'époque du christianisme.

Le musée est ouvert tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 19h du 1er avril au 30 septembre.

 

Le musée Pascal Paoli de Morosaglia

Né le 6 avril 1725 à Morosaglia, Pascal Paoli est le plus jeune fils de Hyacinthe Paoli (1690-1768), l'un des triumvirs de 1735, ministre du roi Théodore, condamné à l'exil en 1739 par les autorités françaises. Pascal qui a suivi son père à Naples, y reçoit une instruction et une éducation très soignée, fréquente l'université, s'initie aux doctrines du despotisme éclairé, il parle et écrit couramment le latin, le français, l'anglais, l'italien. Il lit Plutarque et Montesquieu. Sous Lieutenant au régiment de cavalerie du Royal-Farnèse, il suit avec attention les affaires de Corse, dont il est instruit par son frère Clément, resté dans l'île.

L'assassinat du général Gaffori le décide à se porter candidat à la magistrature suprême. Il débarque en corse en 1755 et met trois à évincer son principal rival Emmanuele Matra, beau frère du général Gaffori.

Le 13 juillet, à la consulte de St Antoine de Casabianca, il est proclamé "général de la nation" pour une guerre décisive contre Gènes. Quatorze ans durant, sous le regard attentif de l'europe informée par Jean Jaques Rousseau et l'écrivant écossais James Boswell, Paoli, plus administrateur que politicien, fixe sa capitale à Corte, dote son pays d'une constitution affirmant la souveraineté de la nation corse et établissant la séparation des pouvoirs, fait frapper monnaie, fonde le port de l'Île Rousse, réforme la justice, uniformise les poids et mesures, crée une armée et une marine, stimule le commerce et l'industrie, fonde une université à Corte. En 1764, il contrôle la plus grande partie de l'île. Gènes arrive toutefois à se maintenir dans les principaux ports mais à bout de ressources et devant le refus de Paoli d'engager des négociations, elle se tourne vers le royaume de France. Alors, Choiseul, Ministre de Louis XV, feignant de jouer les arbitres, oblige en fait le gouvernement génois à lui céder "provisoirement" ses doits sur l'île, moyennant un arrangement financier loirs du traité de Versailles.

Face aux armées françaises et après une victoire à Borgo, Paoli doit définitivement s'éxiler après les défaites de Ponte Nuovo et du pont du Vecchio. Invité par le roi d'Angleterre, il arrive à Londres le 19 septembre 1769. Le jeune Georges III, la Cour, et son ami James Boswell entourent le héros dont la renommée gagne l'Amérique.

A la fin de 1789, Paoli exulte en apprenant le vote de l'Assemblée Constituante, proclamant la Corse partie intégrante de l'empire français et l'amnistie. Reçu triomphalement à Paris le 3 avril 1790, il regagne son île, après 21 ans d'exil. Elu président du conseil départemental, puis chef de la Garde Nationale, il est nommé en 1792 commandant de la 23ème division militaire avec mission d'organiser une expédition en Sardaigne pour délivrer le peuple sarde de l'oppression. Mais son idéal d'une Corse indépendante, rattachée à la France par la personne du roi, s'effondre avec l'exécution du roi Louis XVI. Les excès centralisateurs de la révolution ainsi que les intrigues de Lucien Bonaparte le rende suspect comme contre révolutionnaire. Déchu de son commandement, une consulte de Corte le proclame Généralissime ; il arme les villes et les villages, fait occuper Bonifacio ; victorieux dans l'ensemble de l'île, il rédige un acte d'accusation contre la Convention. Déclaré "traître à la république", mis hors la loi par le comité de salut public, il fait appel à l'amiral anglais Nelson qui bloque la rade de Toulon. En janvier 1794, l'escadre anglaise attaque et enlève St Florent, Bastia et Calvi où l'Amiral , blessé pendant la bataille, y perdra son oeil.

Le 15 juin 1794 la consulte de Corte approuve la constitution d'un royaume anglo-corse. Royaume de circonstance qui ne dure que deux ans : l'île est unie à l'angleterre par la personne du souverain et de... Sir Gilbert Elliot qui en devient Vice-Roi. Cruel ressentiment pour Paoli qui escomptait la reconnaissance anglaise. Des troubles éclatent de nouveau en Castagniccia et l'insurrection prend une telle ampleur qu'à la demande d'Elliot, George III rapelle Paoli à Londres. Le "Père de la Patrie" prend donc une nouvelle fois la route de l'exil. Il meurt à Londres le 5 février 1807 après avoir vécu 47 ans d'exil. Il est inhumé au cimetière St Pancrace mais ses cendres furent ramenées à Morosaglia en 1889.

 

< Retour au Blog Publié le 25/04/2018 dans catégorie : camping corse